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Retrouvez dans cette rubrique des informations et des documents a voir absolument.

2025

La grande forêt de Taillard sera déboisée sur 6 hectares dans le Parc naturel régional du Pilat

Il y a quelques jours plusieurs hectares de forêt ont été  rasés pour implanter 10 éoliennes géantes de 157,5 mètres de haut sur les crêtes  de la forêt de Taillard à 1300 mètres d’’altitude dans le Parc naturel régional du Pilat.

Au mépris de la nouvelle procédure judiciaire engagée,  le promoteur a décidé d'anticiper les travaux en réalisant en  ce début septembre 2025 le défrichement du site éolien. 

Le promoteur a pris le risque  de balafrer gravement le milieu naturel sans certitude de l'échéance judiciaire de la nouvelle procédure engagée.

Le recours ouvert devant la Cour administrative d’appel de Lyon a été déposé par  trois  associations locales Protégeons Taillard, les Sources de Taillard , Défense du Patrimoine forestier  et des habitants en désaccord avec l’arrêté préfectoral du 15 janvier 2025 qui autorise l’implantation des éoliennes géantes.

Les  actions de nos associations  sont des actions de sentinelle de la nature .Elles sont soutenues par le public avec  plus de 4000 signatures de  la pétition en ligne « Sauvons la grande Foret de Taillard »


Le projet éolien initial de 2018 a subi des modifications substantielles qui  associent l’augmentation de la  hauteur des 10 aérogénérateurs de 125 à 157,5 mètres (plus 26%)  l’augmentation de leur puissance  de 3 Mégawatts à 4,2 Mégawatts (plus 40 %) ainsi que  le doublement de la surface balayée par les pales de plus grande longueur.

Les modifications substantielles apportées au projet éolien initial  aggraveront lourdement ses nuisances paysagères, sonores et environnementales  

- Les  recours de nos associations s’appuient sur les argumentaires développés dans les   avis défavorables au projet éolien de plusieurs organismes officiels lors de l’enquête publique de 2017

 -Avis défavorable du Bureau syndical  du Parc du Pilat, en raison des insuffisances  de cohérence du projet éolien avec la Charte du Parc

-Avis défavorable de l’Architecte des Bâtiments de France en raison des atteintes définitives au paysage naturel

-Avis défavorable de La Commission départementale nature paysages et sites de la Loire en raison des enjeux pour l’environnement  exceptionnel du site qui est un château d’eau naturel et qui accueille  une riche avifaune protégée.  

Enfin deux associations agréées pour la protection de l’environnement  (FNE Loire et LPO Loire) avaient déposé des contributions défavorables au projet éolien lors de l’enquête publique de 2017.

Plus récemment  en juin 2025  la Préfète de l'Ardèche, a rejeté  avec plus de 80 considérants un projet éolien voisin, tout à fait comparable, situé sur la partie Est de la grande forêt  de Taillard  dans la commune de VANOSC.

 C'est l'ensemble de ces éléments qui nous ont amenés, associations et habitants, à  présenter un recours devant la  Cour  administrative d’appel de LYON contre le nouvel arrêté préfectoral autorisant les 10 éoliennes géantes  sur les crêtes de la forêt de Taillard


Aucune information du public n’a été faite par le promoteur sur les modifications substantielles apportées à son projet éolien, alors que celles-ci sont susceptibles d’aggraver les nuisances visuelles, sonores et infrasonores  auxquelles seront exposée les habitants de Saint Sauveur-en-Rue et du quartier de Gimel à Saint Régis-du-Coin.

S’agissant du doublement de la surface balayée par les pales des 10 éoliennes, l’augmentation de la mortalité par collision avec  la riche avifaune protégée et avec les populations de chiroptères semble  inéluctable.   .

Les modifications substantielles   du projet éolien rendaient nécessaire, à notre avis, la réalisation d’une nouvelle enquête publique, ce qui aurait permis d’informer largement la population.


Un point critique est  passé sous silence par le promoteur qui ne contrôle probablement pas  le nouvel accès au site éolien,  nécessaire pour le passage des pales plus longues des aérogénérateurs

Ce nouvel accès au site  se ferait à partir du col du Tracol sur la commune de Riotord en Haute Loire. L’aménagement du nouvel accès occasionnera des travaux importants sur  4,2 kilomètres de  chemin rural en site forestier.  Une deuxième  balafre de plusieurs hectares sera faite dans la foret réputé ancienne de Taillard pour l’implantation du parc éolien de la SAS Ailes de Taillard-Total-Energies.

Enfin les citoyens que nous sommes sont interloqués par la facture pharaonique de 60 millions d’euros que nécessite le financement  de ce  projet éolien.

Cette masse d’argent public et privé ne serait elle pas mieux utilisée pour développer au sein du Parc naturel régional du Pilat des énergies durables à taille humaine qui préservent la qualité de vie des habitants et dont l’impact environnemental est maitrisé : bois énergie, centrales photovoltaïques, biogaz par méthanisation.


Communiqué  des Associations Protégeons Taillard, Les Sources de Taillard,  Défense du patrimoine forestier de Saint Sauveur en Rue

29/09/2025

LES « AILES DE TAILLARD »,

TOTAL ENERGIES,

ou les deux visages de Janus...


     Les promoteurs locaux du projet éolien de Taillard, depuis l'origine, et jusqu à la dernière journée éolienne qu'ils ont organisée le 27 septembre dernier, nous ont vanté le caractère exemplaire de leur projet, censé promouvoir la limitation des émissions carbonées, et la mise en œuvre d'une énergie prétendument « propre et verte »... Ces promoteurs locaux sont des militants « verts » ou des élus, et aussi des porteurs de doubles casquettes !

Certes au départ, ils ont signé avec un partenaire qui pouvait paraître honorable selon leurs critères, mais par le jeu de divers rachats et fusions successives, se sont retrouvés « mariés » avec TOTAL Energies...


    TOTAL Energies, une multinationale condamnée pour pratiques commerciales trompeuses :


    Tout le monde sait que les activités principales de TOTAL à travers le monde, c'est l'exploitation des gisements de pétrole et de gaz naturel, puis le traitement et la commercialisation de ces produits d'hydrocarbures, considérés comme importantes sources d'émission carbonées à l'origine du réchauffement climatique (avec d'autres causes certes).

De fait TOTAL Energies vient d'être condamné par le Tribunal Judiciaire de Paris, pour pratiques commerciales trompeuses, à propos de ses allégations portant sur la neutralité carbone, et son rôle d'acteur soi-disant majeur de la transition écologique, induisant en erreur le consommateur. (Jugement de ce 23 octobre 2025)

     « C'est la première fois à travers le monde qu'une major pétrogazière est condamnée par la Justice pour avoir trompé le public en verdissant son image au sujet de sa contribution à la lutte contre le changement climatique », se félicitent les plaignants dans ce dossier, les Amis de la Terre, Greenpeace et Notre Affaire à Tous, après le prononcé du jugement du T.J. parisien.


    Quelques éoliennes et panneaux photovoltaïques ne font pas le Printemps :


     Le dossier des ONG estimaient que les publicités de TOTAL omettaient volontairement des informations essentielles pour les consommateurs, en minimisant l'impact climatique du gaz qui entraîne d'importantes émissions de méthane (autre gaz à effet de serre), alors même qu'il sert à travers le monde à relayer les éoliennes ou le PV défaillants pour répondre à la demande des consommateurs (ainsi, en Allemagne ou ailleurs on continue à construire de nombreuses centrales à gaz en même temps que des éoliennes ou du PV).

       Pire même, « la stratégie de TOTAL Energies ne prévoit aucune réduction significative de ses émissions globales d'ici 2030. Les énergies fossiles représentent toujours la majorité de ses activités et investissements, et le groupe poursuit l'exploration de nouveaux gisements en Irak, au Danemark, en Ouganda et en Tanzanie » et même au Mozambique, annonce faite postérieurement au jugement...

         Il est donc tout à fait légitime de parler de greenwashing lorsque TOTAL met en avant quelques projets éoliens ou PV en France ou ailleurs, tel celui des « Ailes de Taillard » en forêt du même nom, où les dirigeants de ce projet n'ont pas hésité à déboiser le site des futures éoliennes sans même attendre le résultat d'une procédure judiciaire en cours. Une telle attitude n'est pas faite pour nous étonner, elle est aussi pratique courante dans les opérations pétrolières et gazières où il est fait bon marché des milieux naturels ou des intérêts des populations autochtones. Ce faisant, les associés locaux de TOTAL Energies se font les complices actifs de ces méthodes contestables !


       « Un précédent juridique majeur » :


     Le Tribunal a jugé que TOTAL Energie et sa filiale française devait cesser de diffuser des allégations mensongères sous délai d'un mois, et sous astreinte provisoire de 10 000 € par jour de retard... Ensuite le Tribunal condamne les sociétés à verser 8 000 € à chacune des trois associations en réparation de leur préjudice moral. Modeste pénalité financière à l'échelle d'une multinationale comptant ses profits en milliards d'€ ou de $, s'agissant d'une puissance comparable à des Etats moyens...

        Les associations qui ont attaqué TOTAL sont donc plutôt satisfaites d'avoir réussi à mettre fin à l'impunité du greenwashing  des fossiles dont bénéficiait TOTAL jusque là, mais envisagent aussi que ce précédent pourrait ouvrir la voie à d'autres actions similaires dans le monde.

         Pour TOTAL Energies, il a été décidé de prendre acte du jugement, et d'en tirer les conséquences quand à sa communication future, et précise qu'elle ne fera pas appel du jugement. Cependant la multinationale a tenu à faire rappel de ses engagements dans la transition énergétique, 50 Twh d'électricité produite en 2025, grâce à 35 GW de capacités renouvelables installées (à l'échelle mondiale). Pour ses investissements en France, TOTAL Energies cite le chiffre de 4 milliards d'€ investis depuis 2020, et l'investissement à venir de 4,5 milliards dans le futur parc éolien en mer Centre-Manche 2 (avec d'autres investisseurs...)


        Conclusion :


        TOTAL Energies tire encore 97% de sa production énergétique des hydrocarbures, et près de 80% de ses investissements restent orientés vers les fossiles, aggravant jours après jours la crise climatique, tout en prétendant contribuer à sa résolution...


          Tel est le vrai visage du promoteur largement majoritaire de la « SAS les Ailes de Taillard » : qu'en pensent les autres partenaires, actionnaires individuels, groupes d'investisseurs coopératifs, et représentants des collectivités parties prenantes, CCMP et communes, avant que leurs participations financières futures ne soient étoffées ? Il est un moment où il faut s'interroger sur les convives du repas que l'on veut partager !


BFM le 23 octobre 2025


Une première mondiale: accusée de greenwashing, Totalenergies est condamnée pour ses publicités trompeuses sur son "ambition d'atteindre la neutralité carbone"

P.L. avec AFP

Aujourd'hui à 13h PartagerPartager

Le tribunal a jugé que le groupe pétrolier induisait "en erreur" le consommateur en lui faisant croire qu'il pouvait atteindre la "neutralité carbone" en 2050 tout en augmentant la production de pétrole et de gaz.

La justice française a partiellement condamné Totalenergies ce jeudi pour écoblanchiment en estimant qu'elle avait commis des pratiques commerciales trompeuses en communiquant sur son "ambition d'atteindre la neutralité carbone" et "d'être un acteur majeur dans la transition énergétique", selon ce jugement très attendu rendu jeudi.

Le tribunal judiciaire de Paris a estimé que Totalenergies, quatrième groupe pétrogazier occidental, avait commis des "pratiques commerciales trompeuses" en communiquant sur son "ambition d'atteindre la neutralité carbone" et "d'être un acteur majeur dans la transition énergétique", donnant ainsi raison partiellement aux ONG Greenpeace France, Les Amis de la Terre France et Notre Affaire à Tous qui avaient saisi au civil le tribunal en 2022.

"Un précédent juridique majeur"

Il s'agit de facto de la première condamnation pour greenwashing, ou écoblanchiment, d'une compagnie pétrolière dans le monde pour la façon dont elle présente ses engagements climatiques, dit l'ONG ClientEarth qui suit de près la jurisprudence contre l'industrie pétrolière et gazière. Greenpeace s'est félicitée d'"un précédent juridique majeur contre la désinformation climatique des majors pétrolières".

"C'est la première fois à travers le monde qu'une major pétrogazière est condamnée par la justice pour avoir trompé le public en verdissant son image au sujet de sa contribution à la lutte contre le changement climatique", a déclaré l'ONG plaignante.

Les associations avaient épinglé une quarantaine de messages dans la campagne de communication du groupe déployée à partir de mai 2021 sur son site internet, dans la presse, sur les réseaux sociaux et à la télévision. À l'époque, Total venait de se rebaptiser Totalenergies pour souligner son ambition d'être "la compagnie de toutes les énergies", du pétrole à l'électricité éolienne et solaire. Le groupe affichait alors son objectif de "neutralité carbone d'ici 2050, ensemble avec la société" et vantait le gaz comme "l'énergie fossile la moins émettrice de gaz à effet de serre", malgré son bilan climatique contesté en raison des fuites de méthane, très réchauffant pour l'atmosphere

Le consommateur "induit en erreur"

Le tribunal de Paris a estimé que la société Totalenergies avait fait état d'allégations environnementales qui "étaient susceptibles d'altérer le comportement d'achat du consommateur" et de "l'induire en erreur" en lui faisant croire qu'elle pouvait atteindre la "neutralité carbone" en 2050 tout en augmentant la production de pétrole et de gaz, selon un communiqué.

Le tribunal a ordonné au groupe "de cesser la diffusion de la communication trompeuse, alloué des dommages et intérêts en réparation du préjudice moral subi par les associations demanderesses et prévu une mesure de publication du dispositif de la décision sur le site commercial du groupe", selon le communiqué.

En revanche, il a débouté les associations sur leurs demandes concernant les allégations environnementales de Totalenergies qu'elles jugeaient exagérées concernant le gaz et les agro-carburants. Le tribunal estime que de tels messages ne pouvaient être considérées comme des publicités adressées au consommateur "en relation directe avec la promotion, la vente ou la fourniture des énergies de la société TE aux consommateurs".

P.L. avec AFP


Le groupe TotalEnergies a-t-il trompé les consommateurs en affirmant être un « acteur majeur de la transition énergétique » ? Oui, a répondu en substance, jeudi 23 octobre, le tribunal judiciaire de Paris, saisi en 2022 par les ONG Greenpeace France, Les Amis de la Terre France et Notre affaire à tous. Le collectif ciblait la campagne de communication organisée par le géant pétrolier français en 2021, à l’occasion de son changement de nom de Total en TotalEnergies, et plus particulièrement ses messages sur ses objectifs de « neutralité carbone ».

La multinationale « a délibérément fait état d’une allégation environnementale de nature à induire en erreur le consommateur, en lui laissant croire qu’en achetant ses produits ou ses services il participait à l’émergence d’une économie à faible intensité carbone », précise ainsi le tribunal.

En 2021, la major annonçait sa « transformation » en groupe multiénergie, du pétrole au solaire et à l’éolien. Elle assurait vouloir « contribuer à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, ensemble avec la société », notamment grâce à ses « produits énergétiques de moins en moins carbonés ». Mais sans préciser, souligne le tribunal, qu’elle suivait son « propre scénario », incluant toujours d’importants investissements dans le pétrole et le gaz, à rebours des préconisations des scientifiques sur le climat.


TotalEnergies condamné pour « pratiques commerciales trompeuses » après avoir affirmé être un « acteur majeur de la transition énergétique »


23 octobre 2025